Plat Publié le samedi 5 décembre 2009 à 11h29

Crise à Dubaï : Un impact sur les courses ?


Le Turf ne serait pas ce qu’il est sans le Cheikh Mohammed Al Maktoum. A l’heure où, l’émirat de Dubaï est touché par la plus grave crise qu’il ait jamais connu, nous tentons d’anticiper les éventuelles conséquences de ce marasme sur l’avenir des courses de purs sangs. La pérennité des courses est-elle menacée à long terme, voire à moyen terme ? Interrogations et décryptage.

Comprendre la situation de Dubai

50.000 grues, soit 1/6ème du parc de grues mondial œuvrent à Dubaï…Dubaï, où siège la plus haute tour du globe (Burj Dubaï), a entrepris des travaux (projets touristiques) estimés à 360 milliards de dollars. Entre temps, bon nombre de complexes ont perdu plus de 50 % de leur valeur depuis 2001… Crédité d’un PIB (Produit intérieur Brut) d’environ 40 milliards de dollars, l’émirat de Dubai, affiche une dette estimée à 85 milliards de dollars. Inquiétant pour un pays où l’Or Noir ne représente que 6 % des revenus de l’émirat (240 000 barils par jour). Ajoutez à cela que d’ici 15 à 20 ans, ces réserves seront insignifiantes, car probablement épuisées. Grâce à sa position stratégique (entre Asie & Afrique), cet état de la taille d’un petit département français tire 15 % de ses richesses de l’entreposage de marchandises, le commerce contribue de manière identique, ces 2 pôles restant des valeurs sûres. Le problème est le suivant : la plus grosse partie du PIB dubaiote provient de l’immobilier (plus du quart), sauf que si la bulle immobilière éclate, l’économie tombe en déconfiture…et c’est précisément ce qui est en train de se produire. Le pari de la spéculation immobilière s’effondre tel un château de cartes alors que Dubaï a tout misé sur la pierre et le tourisme de luxe.

On ne construit plus à Dubaï, sauf Meydan

2,5 milliards d’euros, c’est le coût de l’hippodrome futuriste de Meydan qui devrait ouvrir ses portes en le 28 janvier prochain. Hôte de la Dubaï World Cup, (mars 2010) la course la plus richement dotée au monde avec 10 millions de dollars d’allocation, Meydan arborera un anneau sablonneux (1 750 mètres), une piste de gazon de 2 400 mètres, un confort inégalé, et pourra accueillir près de 60.000 personnes. Parallèlement, il faut savoir que des milliers d’ouvriers n’ont pas été payés et que la quasi-totalité des projets immobiliers est arrêtée, sauf celui du projet pharaonique de Meydan.

Les investissements du Cheikh resteraient inchangés

John Ferguson, l’un des plus proches conseillers du Cheikh a déclaré fin novembre aux ventes Tattersalls à Newmarket que les investissements du Cheikh (liés au pur sang) et l’état désastreux des finances de Dubaï World sont deux choses "bien distinctes". (Propos recueillis par le Racing Post) Le gigantesque conglomérat Dubaï World est propriété du gouvernement de Dubaï, (gouvernement dirigé par Le Cheikh Mohammed Al Maktoum, souverain de la ville-état) et lorsque l’on sait que la méga-structure ne peut honorer ses dettes les plus immédiates, il est peut-être naturel de demeurer sceptique… Cette année, les investissements de la famille régnante ont pesé près du tiers des ventes de yearlings dans bon nombre d’événements... A court, moyen ou long terme, le Cheikh Mohammed sera confronté à un choix douloureux.. Nous devons nous attendre tôt ou tard à un ralentissement de l’activité (acquisitions de purs sangs, élevage, sponsoring, mécénat…) de Godolphin et du Cheikh. On dit que lorsque "l’Amérique éternue, l’Europe s’enrhume"...Dans le cas qui nous intéresse, Dubaï est K-O debout. Aujourd’hui, l’entourage du Cheikh se veut certes rassurant. Aujourd’hui, la passion l’emporte sur la raison, mais qu’en sera-t-il demain ? Jusqu'à 600€ offerts pour parier sur les courses hippiques !